Mambasa : un défenseur dénonce la persistance des militaires dans les mines

Mambasa : un défenseur dénonce la persistance des militaires dans les mines

Dans une interview réalisée le 28 juillet 2026, Rams Malikidogo, défenseur des droits humains et cadre d’une organisation locale, a fait le point sur la situation des sites miniers de Mambasa, en Ituri. Interrogé sur la présence des forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans ces zones, il a rappelé que, malgré la décision présidentielle du 5 juin 2026 ordonnant l’évacuation des militaires et des policiers des exploitations minières, les équipes de terrain continuent de signaler des soldats dans plusieurs carrés miniers.

« Je salue la décision du chef de l’État, qui a clairement indiqué que la présence illégale des forces de sécurité dans les mines devait cesser », a déclaré Malikidogo. Il a toutefois précisé que, sur le terrain, les rapports des communautés locales font état de « groupes de FARDC toujours actifs dans plusieurs sites », ce qui, selon lui, montre un décalage entre la volonté affichée à Kinshasa et la réalité à Mambasa.

Le défenseur des droits humains a expliqué que les habitants des villages miniers sont souvent les premiers à remarquer les mouvements de troupes. « Nous recevons régulièrement des témoignages de mineurs qui voient des militaires patrouiller ou installer des postes de garde près des puits d’or », a-t-il indiqué. Ces observations, selon lui, sont corroborées par des ONG locales qui documentent les mêmes faits depuis plusieurs mois.

Malikidogo a souligné que la directive présidentielle, bien que saluée par la communauté internationale, reste peu visible sur le terrain. « La décision du président est une avancée importante, mais son application concrète nécessite un suivi renforcé et une coopération avec les autorités locales », a-t-il affirmé. Il a appelé à une mobilisation des acteurs de la société civile pour exercer une pression continue afin de garantir le retrait effectif des forces armées des sites miniers.

Le cadre a également évoqué les conséquences de la présence militaire sur les droits des travailleurs du secteur minier. Selon lui, la cohabitation avec les soldats crée un climat d’insécurité qui freine les activités économiques et expose les mineurs à des abus. « Lorsque les forces de sécurité sont présentes, les exploitations informelles sont souvent contraintes de réduire leurs activités, ce qui affecte les revenus des familles locales », a-t-il expliqué.

En réponse à la question de la mise en œuvre de la directive, Malikidogo a indiqué que les autorités locales n’ont pas encore publié de plan d’action détaillé. Il a rappelé que le gouvernement devait mettre en place un dispositif de suivi, incluant des visites inopinées et la création d’un mécanisme de signalement anonyme pour les populations concernées.

Le défenseur des droits humains a conclu en appelant les partenaires internationaux à soutenir les initiatives locales. « Le soutien technique et financier des organisations internationales peut aider à renforcer les capacités de suivi et à garantir que la décision présidentielle se traduise réellement par un retrait complet des militaires des sites miniers », a-t-il déclaré.

Cette interview, diffusée par le portail Mines.cd, intervient alors que la communauté internationale surveille de près la mise en œuvre des réformes annoncées par le président Félix Tshisekedi. Les observations de Malikidogo constituent un rappel que le succès de ces réformes dépendra largement de l’engagement des autorités locales et de la vigilance des acteurs de la société civile.

En attendant, les habitants de Mambasa restent attentifs aux évolutions. « Nous continuerons à documenter chaque présence militaire et à alerter les instances compétentes », a affirmé Malikidogo, soulignant l’importance d’une mobilisation continue pour protéger les droits des travailleurs et assurer la transparence dans le secteur minier.

L’image ci‑dessous, prise sur le terrain, montre l’un des sites miniers de la région où des rapports de présence militaire ont été signalés.

Site minier à Mambasa