Fin du dollar papier en RDC : réforme simplifie le quotidien

Fin du dollar papier en RDC : réforme simplifie le quotidien

Dans une tribune publiée le 25 juillet 2026, Évangeline Masukani, Daniel Musendela et Nathan Kivulani, membres du Groupe de recherche en économie et commerce (GREC), analysent la nouvelle orientation de la Banque Centrale du Congo (BCC) qui prévoit d’interdire les billets de dollars pour les transactions de grande ampleur à compter d’avril 2027.

L’auteur estime que cette mesure, souvent perçue comme un choc, doit être envisagée comme un levier de simplification du quotidien des Congolais. En effet, la circulation du « dollar papier » dans les paiements importants crée aujourd’hui des coûts de conversion, des incertitudes de change et alimente un marché informel difficile à réguler. En retirant progressivement ces billets, la BCC cherche à recentrer les échanges sur la monnaie nationale, le franc congolais, tout en renforçant la traçabilité des flux financiers.

L’auteur considère que la comparaison avec la Suède, régulièrement citée dans les médias locaux, est inappropriée. La Suède a envisagé d’éliminer totalement les billets, même pour des achats courants comme le pain, alors que la RDC ne vise qu’à supprimer les gros billets de dollars. Cette différence de portée montre que la réforme congolaise ne constitue pas une rupture brutale, mais un ajustement ciblé destiné à réduire la dépendance aux devises étrangères dans les opérations majeures.

Selon les experts du GREC, le principal bénéfice réside dans la simplification des procédures de paiement pour les entreprises et les particuliers. Sans la contrainte de devoir convertir des dollars en francs pour chaque transaction importante, les acteurs économiques gagneront du temps et réduiront les frais de change souvent élevés. De plus, la mesure devrait encourager le développement de solutions de paiement numériques, déjà en pleine expansion dans le pays, et ainsi renforcer l’inclusion financière.

L’auteur souligne également que la décision de la BCC s’inscrit dans une stratégie plus large de stabilisation monétaire. En limitant l’usage du dollar papier, l’institution vise à diminuer la volatilité du taux de change et à protéger les réserves de change du pays. Cette approche est cohérente avec les recommandations de plusieurs institutions financières internationales qui encouragent les économies émergentes à renforcer la souveraineté de leur monnaie.

Il est vrai que certains observateurs à Kinshasa expriment des craintes quant à un éventuel « blocus économique ». Cependant, les auteurs de la tribune précisent que la BCC ne prévoit pas d’interdire totalement le dollar sous forme électronique, qui restera disponible pour les transactions transfrontalières et les besoins spécifiques. Ainsi, le système monétaire congolais conservera une flexibilité suffisante pour répondre aux exigences du commerce international.

L’auteur estime que la communication autour de la réforme doit être claire et pédagogique. Une information transparente auprès du public permettra d’éviter les rumeurs et de préparer les acteurs économiques à la transition. Les experts du GREC recommandent la mise en place de campagnes d’information, de formations pour les commerçants et d’un accompagnement technique pour les petites et moyennes entreprises afin d’assurer une adoption fluide.

En conclusion, l’auteur considère que la fin du « dollar papier » dans les gros paiements représente une opportunité concrète de moderniser le système financier congolais. Plutôt que d’alimenter la panique, il s’agit d’un pas vers une économie plus résiliente, moins dépendante des devises étrangères et plus adaptée aux innovations numériques. La réussite de cette réforme dépendra de la capacité des autorités à accompagner le changement et à maintenir la confiance du public dans la monnaie nationale.