Le 25 juillet 2026, la rédaction a publié une analyse détaillée à propos de la réforme des transactions monétaires en République démocratique du Congo (RDC). Cette analyse s’appuie sur un échange avec le Groupe de recherche en économie et commerce (GREC) et met en lumière la décision de la Banque Centrale du Congo (BCC) d’interdire le dollar en espèces à compter d’avril 2027.
L’analyse estime que la mesure ne constitue pas un « saut dans le vide », comme le redoutent certains observateurs, mais répond à un impératif de souveraineté monétaire. En limitant l’usage du dollar papier, la BCC cherche à renforcer le contrôle de la politique monétaire nationale et à réduire la dépendance à une monnaie étrangère qui, selon elle, fragilise l’économie congolaise.
Selon l’analyse, la fin du « dollar‑papier » s’inscrit également dans une logique d’inclusion financière. En privilégiant les paiements électroniques en monnaie locale, la BCC entend faciliter l’accès aux services bancaires pour une partie de la population qui, jusqu’à présent, dépendait de transactions informelles ou de cambistes. Cette orientation pourrait, à terme, élargir la base de clients des banques et encourager le développement d’infrastructures numériques.
Face aux craintes liées à la connectivité, l’analyse souligne que la BCC ne propose pas une transition brusque. Au contraire, elle prévoit un calendrier progressif, avec une mise en œuvre prévue pour avril 2027, afin de laisser le temps aux acteurs économiques de s’adapter. Les autorités financières envisagent, d’après les échanges avec le GREC, de renforcer les réseaux de paiement électronique, notamment en soutenant les opérateurs de téléphonie mobile et les institutions de micro‑finance.
L’analyse indique que les inquiétudes concernant l’avenir des cambistes sont légitimes. Ces intermédiaires, qui jouent un rôle crucial dans les zones où l’accès aux banques est limité, pourraient voir leurs activités réduites. Cependant, le texte met en avant que la BCC prévoit d’accompagner ces acteurs dans une transition vers des services de change formels, afin d’éviter une rupture brutale du marché.
En comparaison avec d’autres expériences, l’analyse mentionne l’exemple de la Suède, souvent citée comme championne du numérique en Europe. Bien que la situation suédoise diffère sur de nombreux aspects, la référence sert à illustrer les défis et les opportunités liés à la dématérialisation des paiements. L’analyse rappelle toutefois que la RDC doit adapter ces leçons à son contexte spécifique, notamment en tenant compte des disparités d’accès à internet et aux appareils mobiles.
Du point de vue de la souveraineté économique, l’analyse estime que la suppression du dollar papier pourrait réduire les flux de capitaux illicites et les pratiques de blanchiment d’argent. En concentrant les transactions sur la monnaie nationale, les autorités gagneraient en transparence et en traçabilité, ce qui renforcerait la capacité de lutte contre la corruption et les activités illicites.
Concernant l’impact sur l’inflation, l’analyse précise que la BCC n’a pas annoncé de mesure immédiate de hausse des prix. En effet, la transition vers le franc congolais devrait, à moyen terme, stabiliser les cours en limitant les fluctuations induites par les variations du taux de change du dollar.
L’analyse met également en avant le rôle des technologies mobiles, qui constituent aujourd’hui le principal vecteur d’inclusion financière en RDC. Les opérateurs de téléphonie mobile, déjà présents sur le terrain, sont appelés à jouer un rôle clé dans la diffusion des services de paiement électronique, en particulier dans les zones rurales où les infrastructures bancaires sont peu développées.
En termes de gouvernance, l’analyse note que la décision de la BCC a été prise après une consultation avec des experts du GREC, ce qui témoigne d’une volonté d’appuyer la réforme sur des bases scientifiques et économiques solides. Cette approche collaborative vise à limiter les effets négatifs potentiels et à maximiser les bénéfices pour l’économie nationale.
Enfin, l’analyse conclut que la fin du dollar en espèces, prévue pour avril 2027, représente une opportunité pour la RDC de moderniser son système de paiement, de renforcer sa souveraineté monétaire et d’élargir l’accès aux services financiers. La réussite de cette réforme dépendra toutefois de la capacité des autorités à garantir une connectivité suffisante, à accompagner les cambistes dans leur reconversion et à assurer une communication claire auprès de la population.