Dans une tribune publiée le 26 juillet 2026, les auteurs Évangeline Masukani, Daniel Musendela et Nathan Kivulani ont examiné la récente annonce de la Banque centrale du Congo (BCC) visant à diminuer progressivement la présence du dollar américain dans les transactions internes à partir de 2027. L'analyse s'appuie sur le constat que la souveraineté monétaire, bien que légitime, ne peut être imposée sans une préparation adéquate du pays.
L'auteur estime que, selon le professeur Godet Mpoyi, économiste spécialisé dans les questions financières, la République démocratique du Congo ne possède pas aujourd’hui les bases nécessaires – infrastructures, institutions et confiance du public – pour mener à bien une telle transformation. Cette opinion repose sur l'absence de systèmes de paiement nationaux robustes, de réserves de change suffisantes et d'un cadre réglementaire clairement défini.
L'auteur considère que la décision de la BCC représente un « pari dangereux » car elle risque d’engendrer des déséquilibres macroéconomiques. En effet, la réduction du dollar sans disposer d’un substitut fiable pourrait entraîner des frictions dans les échanges commerciaux, affecter la stabilité des prix et compliquer les opérations des entreprises dépendantes du commerce international.
Parler de souveraineté monétaire est légitime. L’imposer sans préparer le pays est une erreur stratégique, rappelle le texte source. Cette citation souligne que la volonté politique, même bien intentionnée, doit s’accompagner d’une feuille de route détaillée, incluant le développement d’une monnaie numérique nationale, la modernisation du système bancaire et la formation des acteurs économiques.
L'auteur estime que la mise en œuvre d’une dédollarisation nécessite d’abord la création d’une infrastructure de paiement électronique fiable, capable de supporter le volume des transactions quotidiennes. Sans cela, les agents économiques pourraient se tourner vers des monnaies parallèles ou des mécanismes informels, affaiblissant ainsi l’autorité de la nouvelle monnaie nationale.
L'auteur considère également que la confiance du public constitue le pilier central de toute réforme monétaire. Les citoyens doivent percevoir la nouvelle monnaie comme stable et sécurisée, ce qui implique une communication transparente de la part des autorités et la garantie d’une protection contre l’inflation excessive.
Dans ce contexte, l’auteur souligne que la BCC aurait pu envisager une approche progressive, en commençant par des secteurs spécifiques où le dollar est le moins présent, tout en renforçant simultanément les capacités des institutions financières à gérer la transition.
L'auteur estime que l'absence d'un cadre institutionnel clair, notamment en matière de supervision bancaire et de politique de change, augmente le risque d'instabilité. Une coordination étroite entre la BCC, le ministère des Finances et les acteurs du secteur privé serait indispensable pour garantir une transition ordonnée.
L'auteur considère que le débat dépasse le simple aspect technique de la monnaie et touche aux enjeux de souveraineté économique, de développement et de résilience face aux chocs externes. Une dédollarisation mal préparée pourrait, au contraire, diminuer la crédibilité du pays sur la scène internationale.
En conclusion, les auteurs de la tribune appellent à une réévaluation de la stratégie annoncée, préconisant un audit complet des capacités nationales avant toute réduction significative du dollar. Ils insistent sur la nécessité d’un plan d’action articulé autour de trois axes : infrastructure, institution et confiance.
Enfin, ils rappellent que la souveraineté monétaire ne doit pas être un objectif isolé, mais s’inscrire dans une vision plus large de stabilité macroéconomique, de diversification des sources de financement et d’inclusion financière pour l’ensemble de la population congolaise.
