Dé-dollarisation du Congo : audace monétaire

Dé-dollarisation du Congo : audace monétaire

Dans une tribune publiée le 26 juillet 2026, l’économiste et stratège Monsieur Al‑Kitenge a proposé une lecture détachée des débats qui entourent la décision de la Banque centrale du Congo (BCC) d’entamer, à l’horizon 2027, une politique visant à mettre fin à la circulation des devises étrangères dans les transactions domestiques.

L’auteur estime que la mesure, annoncée dans le cadre d’une stratégie de « dé‑dollarisation », représente bien plus qu’une simple modification technique du système de paiement. Selon lui, il s’agit d’une tentative de réaffirmer la souveraineté monétaire du pays et de réduire la dépendance à l’égard des monnaies étrangères, notamment le dollar américain, qui domine depuis plusieurs décennies les échanges internes.

L’auteur considère que la réaction médiatique et politique a trop souvent été teintée d’émotions et de rivalités personnelles. Il rappelle que « Ceci est une guerre des personnes sans intérêt », invitant ainsi les observateurs à dépasser les affrontements d’individus pour se concentrer sur les implications structurelles de la décision.

La BCC, en annonçant son intention de bannir progressivement les devises étrangères des paiements locaux, a déclenché un large éventail de réactions. Certains commentateurs ont exprimé des inquiétudes quant aux risques de perturbations du marché, tandis que d’autres ont salué le projet comme une étape indispensable vers une plus grande autonomie économique.

Dans le cadre de cette tribune, l’auteur ne se contente pas de dénoncer les polémiques. Il propose une analyse des leviers qui pourraient soutenir la réussite du processus de dé‑dollarisation. Premièrement, il souligne l’importance d’un cadre juridique clair, capable de garantir la confiance des agents économiques dans la monnaie nationale. Deuxièmement, il insiste sur la nécessité de renforcer les infrastructures de paiement électroniques afin de faciliter les transactions en monnaie locale.

L’auteur estime également que la réussite de la politique dépendra de la capacité du gouvernement à accompagner la transition par des mesures d’accompagnement, telles que la stabilisation du taux de change et la mise en place de programmes d’éducation financière destinés aux entreprises et aux ménages.

En outre, il met en avant le rôle potentiel des institutions financières locales, qui pourraient jouer un rôle de relais essentiel en proposant des produits financiers libellés en monnaie congolaise, réduisant ainsi la tentation de recourir aux devises étrangères pour les opérations quotidiennes.

L’auteur considère que la dé‑dollarisation, si elle est menée avec rigueur, pourrait générer des effets positifs sur la balance des paiements du pays, en limitant les sorties de capitaux en devises étrangères et en favorisant la rétention de richesse au sein de l’économie nationale.

Enfin, la tribune rappelle que le débat ne doit pas se réduire à une opposition entre partisans et opposants. Au contraire, il invite les décideurs, les acteurs du secteur privé et la société civile à collaborer de façon constructive, en s’appuyant sur des données objectives et en évitant les discours émotionnels qui, selon l’auteur, ne font qu’alimenter « une guerre des personnes sans intérêt ».

En conclusion, l’économiste Al‑Kitenge encourage une approche pragmatique, fondée sur une analyse structurelle des enjeux monétaires, afin de transformer la décision de la BCC en une véritable révolution économique pour le Congo.